Warning: mysql_num_rows(): supplied argument is not a valid MySQL result resource in /mnt/153/sda/7/9/oeil.electrique/php/en-tetes.php on line 170
L'Oeil électrique #10 | Société / Le quatrième pouvoir en CDD

> C’EST BEAU LA VIE
+ La bouffe

> SOCIÉTÉ
+ Agriculture progressiste
+ Le quatrième pouvoir en CDD

> LITTÉRATURE
+ Robert Piccamiglio

> VOYAGE
+ Iran

> PHOTO
+ Laure Vasconi

> CINÉMA
+ Anna Thomson

> MUSIQUE
+ Marcel Kanche

> 4 LIVRES : LA BOUFFE
+ Pétrone : Le Satiricon
+ Omar Khayyâm : Quatrains - Robaïyat
+ Roald Dahl : Charlie et la chocolaterie
+ Richard Brautigan : Mémoires sauvés du vent

> BOUQUINERIE
+ Jacques Faton : Du coq à l’âme
+ Primo Levi : À la recherche des racines, anthologie personnelle
+ Mathieu Pernot : Tsiganes
+ Willem : Éliminations
+ Nancy Houston : Nord perdu
+ Christian Béthune : Le rap, une esthétique hors-la-loi

> NOUVEAUX SONS
+ Man : Arthur
+ Erik Truffaz : Bending New Corners
+ Ballin’ The Jack : Jungle
+ Calla : Calla
+ Rizwan et Muazzam Qawwali : Sacrifice To Love
+ Beat At Cinecittà : Volume 3
+ Bruning Heads : Escape

> JAMAIS TROP TARD
+ 4 créations psychédéliques

> REVUES
+ Golias
+ Slow Food

> ACTION
+ Attac

Par Morvandiau.
Illustrations : Yann Fastier.

Le film iconoclaste de Pierre Carles, Pas vu Pas pris, et le livre de Serge Halimi, Les nouveaux chiens de garde, ont brocardé avec bonheur l'effrayant pouvoir, la connivence établie en règle et la mégalomanie ridicule de nos journalistes vedettes. De son côté, le sociologue Pierre Bourdieu a, dans son ouvrage L'emprise du journalisme, démonté les mécanismes qui font de l'audimat l'indicateur et l'arbitre incontournable de la pertinence du contenu des médias.
Ces trois réflexions ont pu nous conforter dans l'idée qu'il s'agissait d'être vigilant et critique face aux tonnes d'informations qui nous sont déversées comme de véritables denrées commerciales. Aussi éclairantes soient-elles, ces analyses n'évoquaient cependant pas, ou peu, la position inquiétante car précaire dans laquelle se trouvent aujourd'hui beaucoup de journalistes. Le nombre de pigistes (collaborateurs payés à la tâche, l'article, la journée, etc., mais non titulaires) représentait, en 1960, moins de 8 % des journalistes professionnels (ou considérés comme tels, c'est-à-dire possédant la carte de presse). En 1996, ils en constituent pratiquement 18 %.* En réalité, sûrement plus encore, puisque les journalistes débutants, majoritairement pigistes, ne remplissent pas les conditions d'obtention de la fameuse carte et ne sont donc pas comptabilisés.
Bien entendu, comparée à d'autres domaines d'activité, cette situation n'est pas exceptionnelle : la précarité n'est pas le monopole des journalistes - ça se saurait. Malheureusement, les informations, dont l'objectivité et la neutralité ne cessent d'être clamées haut et fort, ne sont pas le fruit du hasard. Quand un son de cloche est majoritaire dans les différents médias, elles peuvent influencer et conditionner des choix et des opinions très divers : l'achat de tel disque plutôt que tel autre, la perception négative du gréviste ou positive du manifestant, le refus de manger tel aliment ou encore la volonté de voter pour celui-ci plutôt que celui-là. La concentration des médias, la fragilisation d'une partie de leurs membres et le poids grandissant de la publicité tendent à ramollir sérieusement les capacités critiques de ce qu'on appelle "le 4ème pouvoir".