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L'Oeil électrique #17 | Voyage / Finlande

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Par Delphine Descaves, Mathieu Renard.
Photos : Mathieu Renard.
Illustrations : Vincent Pautonnier.

"La Finlande… L'Islande …Non, je confonds toujours…Ah oui la Finlande : c'est comme la Suède et la Norvège ? C'est pas plus ou moins une région russe ? Ils vivent dans des igloos là-bas ? Ils parlent quoi comme langue ? C'est pas la Finlande le pays du Père Noël ?" La Finlande fait partie de ces contrées, peu peuplées (environ 5 millions d'habitants), peu connues, que la plupart des gens appréhendent par clichés parfois sympathiques, quand ils n'affichent pas carrément une forme de mépris discret pour un pays qui n'est pas foutu de faire davantage parler de lui.
D'ascendance finnoise, c'est vrai que j'ai un peu triché pour connaître les lieux. Toujours est-il que nous arrivons à Helsinki le 18 juillet, en début de soirée : en plein été les soirs sont à environ 17 degrés et il faut s'estimer heureux. Nous sommes accueillis chez Eija, ma tante, dans un immeuble moderne du centre de Helsinki, brun, un peu austère, (d'autres sont vert olive ou beige). Lors d'un précédent voyage, un ami français m'avait dit que cette architecture, ces couleurs, lui rappelaient les pays de l'Est. A Helsinki il est tentant de se raccrocher à diverses images de pays plus connus, Russie, Suède, pays baltes. On n'a peut-être pas tort de le faire car précisément le plus intéressant à Helsinki, capitale de 600 000 habitants, est cette espèce de mixité, qui permet de débusquer au coin d'une rue, d'une église, l'influence russe ou suédoise. A côté de certaines vieilles maisons qui sentent leur Russie tchékovienne, ou de la grande église orthodoxe surplombant le port, on trouve ainsi ces bâtiments en ciment sombre et terne qui peuvent évoquer en effet certains anciens pays communistes. Ailleurs un quartier chic de diplomates laisse voir ses superbes bâtiments début de siècle, "jungendstyle"(1), et les édifices un peu lourds du néo-romantisme finlandais (2).
Se balader dans Helsinki c'est prendre conscience alors d'une Histoire nationale qui a mis du temps à s'affirmer. La Finlande durant de nombreux siècles a souffert la présence de grands et encombrants voisins : la Suède d'abord jusqu'en 1809, date à laquelle le pays passe sous domination russe. C'est en 1917 seulement que la Finlande, profitant des bouleversements dus à la Révolution russe, devient définitivement indépendante. Mais aujourd'hui encore le suédois reste la deuxième langue officielle et demeure une langue obligatoire à l'école ; la Finlande compte de nombreux suédophones, ainsi qu'un parti politique qui leur est explicitement affilié. Russes et Suédois ne sont guère aimés par les Finlandais qui leur vouent une certaine rancune des années "d'occupation". Les Suédois, eux, sont d'autant moins appréciés qu'il ont longtemps considéré avec une certaine condescendance les "petits" Finnois voisins. Au début du vingtième siècle encore, alors que la Finlande avait retrouvé son indépendance, la majorité de l'intelligentsia était suédoise, et les Finnois avaient difficilement accès à l'université… Lors d'une soirée que nous passons chez nos amis Leena et Perrti, ce dernier nous explique avec sa jovialité coutumière qu'il comprend mal le caractère obligatoire de la langue suédoise à l'école : c'est en Finlande une question récurrente, tenace, où pointe l'amertume et la vexation... L'inimitié envers les Russes m'a semblé d'une toute autre nature, moins culturelle et identitaire mais plus politique : les années Eltsine, le développement de mafias russes dont certains membres viennent ostensiblement dépenser leur argent à Helsinki, l'impression d'insécurité permanente de l'économie russe avec laquelle la Finlande a toujours lié des rapports privilégiés, rendent les Finnois légèrement parano quant à cette ombre russe quelque peu inquiétante… St Petersbourg est à quelques heures de voiture !
La soirée chez le couple s'écoule à discuter en buvant sec divers vins hongrois, espagnols, chiliens ou californiens dont Perrti a le secret. Un assortiment de poissons fumés parfumés à l'aneth ouvre le repas : s'il n'y a pas à proprement parler de gastronomie finlandaise, il existe en revanche un art de préparer de diverses façons les poissons souvent marinés, dans des sauces un peu sucrées par exemple. Perrti, dont le père était un photographe assez connu dans l'entre-deux guerres, nous montre les photos que celui-ci avait prises en Karélie, région de l'est qui fut en grande partie annexée par les Russes durant la deuxième guerre mondiale. Toute la soirée nous baragouinons un mélange de français et d'anglais. Leena parle couramment français, suédois, plutôt bien l'anglais et l'allemand. Ceci n'a rien d'extraordinaire en Finlande où énormément de gens parlent 3 ou 4 langues : qui parle finnois passées les frontières ?

Il ne faudrait pas pour autant voir Helsinki comme une sorte de pittoresque raccourci des cultures scandinaves et slaves. La capitale finlandaise est à l'image d'un certain modèle nordique : un mélange de chaleur et d'épure architecturales, beaucoup de bars et pubs branchés fréquentés par une clientèle blonde et lookée, une impression générale de richesse et de propreté -on est déçu mais pas étonné d'apprendre que certains Finnois aussi sont racistes. Il ne fait pas bon être basané dans un pays qui n'a pas vraiment connu de grande vague d'immigration et se méfie de l'étranger. Un de nos copains, Algérien marié à une Suédoise fennophone, ne nous a pas caché que trouver du travail n'avait pas été tâche facile. Quant à son beau-père il a toujours tout bonnement refusé de le rencontrer… Cette anecdote n'est hélas pas un cas isolé. Le modèle nordique, social-démocrate, laissant une part belle aux femmes (la présidence du pays est assurée par une femme, ainsi que celle l'Assemblée nationale, et c'est aussi une femme qui est le maire de Helsinki), proposant une société avec un bon système de santé et d'éducation, a ses failles, ses fantasmes sécuritaires et sans doute, sa morgue...
Un après-midi nous nous rendons au premier festival de hip hop organisé dans le pays, devant le tout nouveau musée d'Art moderne. Des graffeurs ont également été conviés. Il nous paraît incongru - pourquoi, au fond ? - d'entendre du rap en langue finnoise; si on excepte le "streetwear", l'un d'entre eux rappellerait plutôt par son physique un des chanteurs du feu groupe Bros. Sur les pelouses devant le musée sont installés plein d'ados en pantalon baggy, le bob sur la tête. A part le nombre de blonds au mètre carré, la jeunesse finnoise ressemble complètement à la nôtre et subit d'ailleurs les mêmes influences : américaines surtout ! Parmi ces chères têtes blondes aucun être ne ressemblant à Joey Starr n'est à signaler…

Helsinki est construite au milieu d'un archipel d'innombrables îles : la balade du dimanche c'est sur une île qu'elle se fait ; du coup la ville à certains moments n'est plus tout à fait ville, on se retrouve, à 15 minutes du plein centre, à marcher parmi les bouleaux, dans le silence. Quartiers résidentiels peuplés de grosses maisons au design moderne, bois et verre, vue sur la mer. Enfouies parmi les arbres : un calme règne qu'on imagine pouvoir devenir pesant. Surtout dans un paysage amorti par la neige et le froid, durant ces hivers où le jour tombe à 3 heures de l'après-midi… Parlant de ces mois difficiles, une amie me dit avec une pointe de compassion amusée : "Pour un étranger l'hiver finlandais est toujours un petit choc…" On marche des heures en longeant la mer, dans une nature visiblement protégée et aimée : Helsinki est parcourue de pistes cyclables, en Finlande le souci écologique n'est pas une vue de l'esprit. Il est vrai que dans un pays où l'hiver peut durer presque 6 mois, la Nature occupe une place prédominante. Le printemps et l'été qui la voient renaître sont fêtés comme il se doit, chacun ayant à cœur de profiter de la lumière et d'un peu de chaleur. Aussitôt bourgeonnent une foule de terrasses, au bord de l'eau en particulier, où il fait bon déguster une bière. Sans doute peut-on expliquer aussi cet attachement à la nature par l'identité finnoise elle-même. Il est tentant d'y voir ce paradoxe national : longtemps rurale, sous le joug de pays plus grands, plus importants, elle s'est effectivement forgée dans un rapport étroit, quasi viscéral avec la Nature, même si ces dernières décennies ont été celles d'une modernisation recherchée avidement, portée par la social-démocratie. Nokia par exemple est une entreprise finlandaise et le marché des portables s'est développé là-bas bien plus vite que chez nous. Il n'est pas du tout rare en Finlande de croiser cette dualité, y compris dans la vie quotidienne. En nous baladant le long de la mer nous tombons sur un groupe de femmes en train de lessiver à grande eau, en plein air, leurs tapis. Drôle de spectacle, tout droit sorti d'un univers traditionnel, aussi surprenant que la modernité high-tech qu'affiche par ailleurs ce pays. Cette volonté de se fondre dans la nature en y touchant le moins possible motive la création : près de Helsinki nous avons découvert une église à l'architecture minimaliste ; à l'intérieur tout le plafond et une partie des murs sont recouverts de lattes de bois clair, et le mur du fond, situé derrière l'autel est une simple et large baie vitrée donnant sur les arbres dehors. L'impression de pureté et d'harmonie qui en ressort est saisissante.

Après les rues de la capitale arpentées en baskets et sac à dos, nous décidons de quitter la ville avec Eija pour être tous les trois, les seuls habitants de Kolli, l'île familiale située au sud-ouest de la Finlande, site idéal pour mettre au placard nos oripeaux de citadins. Le bus taille la route jusqu'à Turku au milieu des forêts et des lacs, puis le taxi nous emmène au travers des bois jusqu' à un petit embarcadère. Eija démarre d'un coup de main expert le petit 4 chevaux et nous larguons les amarres pour cinq jours…

En Finlande, posséder une île ou un chalet en bord de lac est (presque) aussi courant que de ne pas en posséder en France.. Ces maisons de vacances sont souvent gardées volontairement dans un état rudimentaire; souvent encore sans électricité, avec toilettes à la turque au fond du jardin. Certains Finnois ironisent d'ailleurs un peu sur ceux de leurs compatriotes qui ont conservé cette "authenticité", qu'ils assimilent volontiers à une forme de snobisme. Rien à voir pourtant avec les fantasmes de grandes plages aux sables blancs et aux cocotiers bien garnis. Les îles finlandaises ressemblent aux îles finlandaises : Kolli a à peu près la superficie d'un terrain de football que l'on aurait arrondi. Bouleaux, sapins et mousse épaisse couvrent la majorité de sa superficie. Tout autour de l'île, une barrière de roseaux protège la rive contre je ne sais quoi.

On arrive, les bras chargés des courses pour vivre en autarcie le temps fixé : pain, pommes de terres, saucisses, yaourts, bières, tomates, fromages forment la base essentielle, mais rien n'empêche de rajouter petits gâteaux, chocolat et vodka... à Kolli, même les soirées d'été sont fraîches…
Deux petits embarcadères, une minuscule grève, le sauna à deux pas et le chalet à quelques mètres plus en hauteur. De l'autre coté de l'île, un gros rocher plat plongeant dans l'eau et tout autour, de l'eau, des îles, encore de l'eau et le doux clapotis qui bercera les futures siestes.

Une matinée
Le premier plaisir du matin, avant de manger du pain noir au beurre avec un café, c'est d'avancer sur le ponton en bois, les yeux duveteux et chauds, gonfler légèrement le ventre pour faire tomber la serviette qui entoure la taille et plonger dans l'eau à 18 degrés. Faire la planche entre les petites mais longues algues qui caressent les omoplates, libérer sa vessie dans un sourire béat, et sentir dans ses narines le souvenir du café de la veille qui aujourd'hui, sera encore meilleur. Ce bain sans savon étant pris, ce petit déjeuner sans France Inter étant avalé, on peut enfiler ses tongs, balancer négligemment sur son épaule une grande serviette épaisse, embarquer les clopes, un bon bouquin et aller s'allonger sur le gros rocher plat. Plus aucune trace d'humain à part nous ; plus de pub ni de fils électriques, rien d'autre que l'eau, les arbres et ce gros rocher qui en chauffant rend les siestes d'autant plus langoureuses.
Ce midi, c'est poulet au barbecue avec des pommes de terre, pain et fromage, yaourt et carré de chocolat. Eija nous raconte l'époque où ses parents et sa sœur venaient ensemble pendant trois mois d'été. Couper le bois, cueillir des baies, pêcher, débroussailler, cuisiner occupait les journées. Trois mois en ne voyant les rares voisins que de temps à autre, trois mois sans électricité ni téléphone, trois mois à cueillir des baies, sacrés Finlandais. L'hiver, sous la neige et dans un silence total, un séjour, même court, peut rapidement faire tourner maboul. Lors d'un séjour en hiver, la neige éteignant le moindre murmure, le grand-père de Delphine n'entendait le soir que le murmure de la lampe à pétrole se consumant.

L'après midi
Pour se donner l'alibi du sport en vacances, rien de tel qu'un tour de barque, à poil. Les naturistes peuplant les plages bondées et grasses de la côte d'azur ne savent pas ce qu'il ratent. Ramer avec comme seul bruit accompagnateur, le plongeon des rames dans les profondeurs vertes, s'arrêter au milieu de l'eau, s'allonger au fond de la barque, les fesses à l'air et l'œil rivé sur les nuages, se répéter régulièrement et un peu bêtement (l'avantage d'être seul) : qu'est ce que c'est bon de ne rien foutre ! Je tente vainement de poursuivre une famille de cygnes qui venait, je trouve, me reluquer d'un peu trop près. Un principe de base à respecter lorsque l'on passe près des îles en bateau : ne pas mater les éventuels habitants de l'île, nus ou pas !
La barque racle doucement son fond contre les graviers et la berge, me rappelant instinctivement le raclement de la bière dans ma gorge asséchée par mes longues et extrêmement intensives heures de rame. Le hamac n'attend que ma carcasse d'ours sans poil pour geindre sous mon poids. Et je me réveille une petite heure plus tard avec la plaisante sensation de ne vraiment rien faire de mes journées.
Re-baignade et re-barque.
Il est six heures, il y a moins de vent, les feuilles des arbres arrêtent de gigoter. L'ombre des îles s'aplatit à la surface de l'eau, je mets un pull contre la fraîcheur qui s'installe. L'heure du sauna a sonné.

Les petits rondins de bouleaux s'engouffrent tour à tour dans le poêle et leur odeur me rappelle les harengs fumés dévorés chez Lena et Peerti. Trois petits quarts d'heure avant que le cabanon de bois ait atteint sa température de croisière, entre 70 et 80 degrés. Le caleçon valse pour la centième fois de la journée et nous posons nos fesses sur le bois brûlant. L'attente n'est pas longue pour voir poindre sur la peau les gouttelettes se formant à la sortie de nos pores. Un peu d'eau sur les galets chauffés par le poêle et une grosse bouffée de vapeur finit de nous polir les bronches après à peine dix minutes. Maintenant !? Courir sur le ponton, plonger dans l'eau et laisser son corps remonter doucement à la surface avant de sentir la peau se retendre violemment au contact du froid. Retour au sauna, re-plongeon dans l'eau. Sauna, plongeon. Trois allers-retours suffisent à se sentir suffisamment mou et cotonneux pour s'arrêter. La Lapin Kulta (la Kronenbourg locale) glacée flatte le corps, des lèvres à l'estomac. Les joues cramoisies et le cerveau comprennent parfaitement ce stimuli liquide : la tête se décolle des épaules, s'envole et fonce dans un gros nuage sentant la vanille.
Ce soir, c'est saucisses et riz, fromage et pain noir, gâteau et café. La nuit est tombée et l'envie irrépressible de pisser sur le tronc d'un arbre dans l'obscurité me prend. Dehors, le grondement sourd des millions de moustiques guettant l'humain urineur et sans défense est inquiétant. Le chalet est la seule touche de lumière. Delphine et Eija sirotent un thé.
Les combles de la maison comportent une chambre et deux petites niches d'à peine deux mètres carrés. L'une d'entre elles nous sert de cabane et de lit. Le poster d'une grosse cylindrée épinglé par un des petits cousins est la seule icône de notre refuge. Les draps sentent un peu l'humidité, un peu la mer comme on dit dans les romans Arlequin. Je m'endors en pensant aux ratons laveurs des alentours qui n'ont même pas encore inventé la couette et l'adoucissant. J'entends le souffle de Delphine. Je crois que j'ai rêvé de loutres ramant sur un océan de Lapin Kulta.

(1) Le "jungendstyle" est le terme allemand signifiant Art Nouveau

(2) Le néo-romantisme correspond à la période de la fin du dix-neuvième siècle, durant laquelle des artistes, écrivains mais aussi peintres ou compositeurs finnois, dans leurs œuvres, font émerger un sentiment nationaliste. Des années auparavant (deuxième moitié du dix-neuvième siècle), Elias L?nnrot, en écrivant l'épopée du Kalévala, sur la base d'un travail de recueil de poésies populaires, avait symboliquement mis en place les prémisses d'un sentiment nationaliste en dotant son pays de son propre réservoir de mythes. Cet ouvrage a participé à l'éveil de la conscience nationale.)