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L'Oeil électrique #17 | Action / Survie

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Par Stéphane Corcoral."Donner valeur de loi au devoir de sauver les vivants."

Qu'est-ce que Survie et quel est votre statut ?
On est une association régie par la loi de 1901 structurée en fédération : le siège, Survie France, est à Paris, et on est organisé en groupes régionaux (13 actuellement, d'autres étant en gestation). Le siège coordonne l'activité et les groupes locaux relaient les informations, mais ces groupes régionaux sont autonomes sur leurs actions et leurs projets. Ils sont constitués de gens qui sont intéressés par l'action de Survie France, qui nous contactent et qui montent eux-mêmes leur structure, en concertation avec nous.

Quelle est l'origine de la création de Survie ?
Au départ, c'est une campagne de citoyens, inspirée (en 1981) de l'appel de 126 prix Nobel "contre la faim et pour le développement". A l'époque, l'objectif était de faire passer une loi sur ce thème au Parlement. Et le travail destiné à faire passer cette loi a permis aux gens qui s'investissaient dans ce projet de constater que le système d'aide au développement qui reliait la France et les pays d'Afrique était totalement corrompu. La vocation de Survie a donc glissé vers une action plus politique face à ce problème.

Quelles sont vos principales actions/activités ?
Nous faisons de la mobilisation et de l'information auprès du public. Ça passe par des publications : le président de l'association a écrit plusieurs livres sur le sujet, et nous éditons en partenariat avec Agir Ici une collection qui s'appelle "Les dossiers noirs", sur la politique de la France au Sénégal ou au Cameroun par exemple.

Vous focalisez exclusivement votre travail sur les relations de la France avec l'Afrique ?
Oui, dans la mesure où la France a une stratégie de partenariats économiques et de coopération particulièrement développée, pour des raisons historiques de colonisation.

Quelles sont vos principales revendications ?
Tout d'abord, la réinvention de la solidarité internationale, et donc la réforme de l'aide publique. Ensuite, la réforme de la politique africaine de la France. Et enfin, le combat contre la banalisation des génocides et des crimes contre l'humanité. Récemment, Survie a souhaité renouer avec son combat initial en créant une nouvelle association, les Biens Publics à l'Echelle Mondiale. Celle-ci vise à enrichir et à promouvoir l'idée de la nécessité de biens publics garantissant santé, sécurité et justice à tous les citoyens du monde. Elle cherche à la fois à promouvoir le concept et à favoriser l'émergence de forces sociales qui le revendiqueront.

J'ai récemment été surpris en voyant une plaquette que vous diffusez au sujet de l'utilisation de mercenaires par la France...
Oui, ce qui est aussi le cas pour l'Angleterre, les Etats-Unis et très probablement pour d'autres pays européens. C'est d'ailleurs une dynamique qui est en phase de développement : les interventions militaires ou militaro-humanitaires des pays sont de plus en plus mal vues par leur opinion. Ils utilisent donc d'autres biais, notamment en privatisant la guerre : pour encadrer et former les armées à l'étranger, et pour sauvegarder les intérêts économiques qu'ils peuvent avoir dans certains pays.

Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez ?
Tout d'abord, quand on s'attaque à ce genre de problèmes, les lobbies économiques et politiques auxquels on doit faire face sont assez puissants ! Ensuite, le public n'est pas forcément prêt à entendre notre discours quand on remet en question la légitimité du système politique tel qu'il fonctionne. Se pose également le problème de l'information, qu'il faut aller chercher, ce qui n'est pas évident : il faut trouver des relais, des gens qui acceptent de s'exprimer. Nous sommes par ailleurs actuellement en procès avec trois chefs d'Etat africains, et non des moindres dictateurs, en la personne d'Omar Bongo (président du Gabon), Denis Sassou Nguesso (Président du Congo Brazza) et Idriss Déby (Président du Tchad) parce que nous les avons incriminés dans Noir Silence (de François-Xavier Verschave, le président de Survie, aux éditions les Arènes) à divers sujets : manipulations d'élections, liens mafieux politico-économiques, notamment avec Elf, meurtres d'opposants, emprisonnements arbitraires et autres… Un procès de ce type coûte cher, et même si on compte beaucoup sur cette occasion pour mettre en lumière publique toutes les horreurs qu'on s'acharne à dénoncer depuis 10 ans, une telle affaire peut nous faire fermer boutique (Survie diffuse à ce titre une motion de soutien, disponible à l'adresse indiquée plus bas). Une autre difficulté qu'on peut avoir est que certains ont tendance à vouloir nous faire passer pour un lobby gaucho "anti-France", ce qui n'est pas du tout le cas.

Comment faites-vous connaître votre travail ?
En plus de nos publications, nous avons une lettre d'information mensuelle, Billets d'Afrique, disponible sur abonnement, qui est notre principal outil. En dehors de ça, on fait également des conférences, des colloques, et également des campagnes d'information.

Comment financez-vous votre action ?
Nous fonctionnons uniquement avec les cotisations des adhérents et la participation financière de nos sympathisants. Survie ne reçoit aucune subvention publique, quelle qu'elle soit, afin de garantir son indépendance.

Vous travaillez avec d'autres organisations ?
Oui, par exemple les campagnes que nous lançons sont faites de manière collective avec d'autres associations (Agir Ici, les Amis de la Terre…), ce qui permet de diffuser les informations plus largement car chaque structure dispose de son réseau de diffusion propre. L'autre point, c'est qu'on travaille au sein de collectifs sur des projets communs, par exemple sur la Cour pénale internationale.

Comment peut-on soutenir votre action ?
Tout d'abord, tout le monde peut adhérer à notre association ou s'abonner à Billets d'Afrique. Mais aussi, tout simplement en faisant circuler les informations qu'on diffuse, en incitant les gens à se renseigner, à être acteurs.

Contact :
Survie
57, avenue du Maine
75014 Paris
Tél. : 01 43 27 03 25
Fax : 01 43 20 55 58
survie@globenet.org
http://www.globenet.org/survie