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L'Oeil électrique #24 | Cinéma / Ni héros ni traîtres

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Par Marie Martin.
Photos : Laurence Saint-Jouanny.

Leur complicité paraît infaillible. Lui, volubile, passionné, ne mâche pas ses mots. Elle, "l'œil" de leur duo, reste davantage sur sa réserve et distille ses réponses avec une parcimonie que l'on devine réfléchie.
Ensemble, Farid Haroud, 34 ans, et Bénédicte Millaud, 28 ans, ont réalisé quatre films. Pour la télévision, il est rédacteur, elle est caméraman, mais leurs films sont réalisés à deux voix et quatre mains.
En 1993, à Cahors, ils font connaissance au cours d'un reportage sur des sans-logis : l'attirance professionnelle est immédiate. Peu après, l'envie de réaliser des documentaires les soude, pour longtemps. Un premier projet prend forme, sans voir le jour quand une histoire toute personnelle rattrape leur désir de réalisation. Il faut parler de l'histoire des Harkis, dans laquelle Farid est personnellement impliqué. Ce sera Fils de Harkis, un film à la rencontre de la deuxième génération, propos croisés de fils et de filles, allant des "sacrifiés" (qui n'ont jamais quitté les camps de réfugiés devenus villages) à ceux qui ont refusé l'étiquette Harki pour mieux tourner la page de cette histoire.
Vient ensuite, presque immédiatement après, Une si longue attente, commandé par le Sénat, dont certains membres souhaitaient mieux cerner le problème des Harkis.
En 2000, les deux réalisateurs partent au Cameroun tourner leur premier 52 minutes. Graines de sauvageons raconte le séjour de jeunes délinquants de Valence à Douala, où ils rénovent une salle de boxe aux côtés de jeunes Camerounais.
Ils décident, un an plus tard, de se replonger dans l'histoire des Harkis, à travers le parcours du père de Farid, Harki emprisonné durant cinq années en Algérie après le cessez-le-feu de 1962 puis rapatrié en France. Le Mouchoir de mon père raconte le destin d'un homme ordinaire, bouleversé par les tumultes d'une guerre et d'un abandon ; le film d'une "histoire dans l'Histoire", dont le fil conducteur est le mouchoir brodé par le père durant sa détention.
"Le désir de vérité est un désir qui dépasse les générations", affirme un témoin dans Fils de Harkis. Dignes héritiers d'un cinéma documentaire engagé aux côtés des gens, Bénédicte Millaud et Farid Haroud posent, dans leurs films, un acte de vérité et de respect des histoires ordinaires qui font l'Histoire.

B.M. : L'origine du film Fils de Harkis, c'est un reportage fait par des journalistes de France 3 sur des fils de Harkis qui avaient envahi la sous-préfecture de Largentière en Ardèche et qui retenaient le Préfet. La manière dont les journalistes avaient raconté cette histoire et présenté ces fils de Harkis n'était, selon nous, pas la meilleure. Le reportage ne mettait pas en valeur ces jeunes...
F.H. : On retombait systématiquement dans le schéma classique des clichés. Chaque reportage est mâtiné de lieux communs : "Dans les banlieues, il y a les lascars en bas des immeubles mais il y a quand même des associations qui essaient de faire le bien…" "Les curés, il y en a des bien mais il y en a aussi qui sont pédophiles…" Le lieu commun sur les Harkis, c'est que soit on les présente comme des traîtres à l'Algérie, soit la mauvaise conscience française dit : "On les a vraiment traités comme de la merde."...