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L'Oeil électrique #24 | Action / Le Genepi

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Par Stéphane Corcoral.

Marie-Hélène Lore est déléguée régionale Bretagne/Pays de Loire/Basse Normandie pour le GENEPI

Qu'est-ce que le GENEPI ?
GENEPI signifie Groupement Etudiant National d'Enseignement aux Personnes Incarcérées. Il s'agit d'une association type loi 1901, regroupant environ 900 étudiants, exclusivement, sur toute la France.

Quelle est l'origine de la création de cette association ?
Le GENEPI a été créé en 1976 par M. Stoléru, alors conseiller technique de la Présidence. Suite aux violentes émeutes qui se sont déroulées dans les prisons au début des années 1970 (à la suite de ces émeutes, différentes réformes ont été engagées : les détenus n'ont plus eu à porter d'uniforme, des intervenants extérieurs ont eu la possibilité d'entrer en prison, et les détenus ont été autorisés à adresser la parole aux surveillants), le gouvernement a souhaité développer les liens entre le monde carcéral et l'extérieur. Le monde le plus à l'opposé de la prison était le milieu étudiant. A l'origine, les étudiants avaient pour "mission" de faire bénéficier les détenus de la chance qu'eux-mêmes avaient eue de faire des études. Les jeunes étudiants des grandes écoles étaient aussi de futurs employeurs potentiels : il était donc intéressant de les sensibiliser.

Quelles sont vos principales actions ?
Le but du GENEPI est de participer à la réinsertion des personnes incarcérées. Nous avons pour cela 2 moyens. D'une part, les étudiants interviennent toute l'année, une demi journée par semaine, en détention auprès des détenus, pour animer des ateliers scolaires (langues, maths, français, code de la route…) ou socioculturels (arts plastiques, revues de presse, connaissance du monde, sport…). D'autre part, les membres interviennent auprès du grand public pour sensibiliser l'opinion à la réinsertion. Nous essayons de "lutter contre les phénomènes de peur et d'exclusion", pour créer un climat favorable au retour dans la société des personnes incarcérées.

Quels rapports entretenez-vous avec l'administration pénitentiaire ?
En règle générale, ça se passe très bien. Nous sommes totalement soutenus dans nos projets, nos demandes de conseils, nos erreurs même ! Et le plus agréable est que nous ne sommes pas du tout dépendants (sauf matériellement bien sûr). Nous sommes tout à fait libres de nos propos et de nos actes. Nous n'avons aucun devoir de réserve envers l'Administration. Nous sommes libres de dénoncer ce qui nous choque, ce que nous voyons en détention. Il peut bien sûr arriver que certains conflits surviennent sur le terrain, au niveau local, avec des individus précis, mais, plus globalement, nos rapports avec l'administration pénitentiaire sont excellents.

Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez ?
Le nerf de la guerre ! Toujours et encore. Avec le passage à l'Europe, je crois, les pouvoirs publics rationalisent leurs subventions. J'ai pu constater que beaucoup de villes où intervient le GENEPI ne croient pas que de nous financer est de leur ressort, alors qu'il s'agit bien d'un service public, sur leur commune !

Comment faites-vous connaître votre travail ?
En détention nous mettons des affiches. Parfois, une feuille est distribuée dans chaque cellule pour prévenir les détenus de nos activités. A l'extérieur, nous faisons peu de choses pour faire connaître le GENEPI. Quand nous organisons des expos, des ciné-débats, des concerts ou des conférences, c'est pour sensibiliser les gens à la réinsertion, mais l'objectif est rarement la promotion de l'association. Nous répondons régulièrement à la presse, mais nous n'avons pas vraiment de politique de communication. Ça viendra peut être !

Est-ce que vous travaillez avec d'autres organisations ?
Nous essayons de développer des contacts avec d'autres associations comme les Greta (organismes de formation pour adultes), avec qui nous pouvons être très complémentaires. Au-delà, les relations s'établissent surtout au niveau local, et elles varient d'une ville à l'autre. Je crois que ça dépend du "feeling", si l'on rencontre une personne intéressante, motivée pour les mêmes raisons… On peut donc, au niveau local, avoir des contacts pendant un temps et le jour où les gens changent, perdre ce lien. C'est l'associatif aussi !

Comment envisagez-vous l'avenir de votre action ?
Il y a de plus en plus d'enseignants en détention, aidés maintenant par les agents de justice. Nous avons donc de moins en moins un rôle palliatif. Il arrive moins souvent qu'un étudiant ait à assurer un cours à lui seul. Nous commençons donc à remplir notre réel rôle : soutenir les personnes qui font des études et passent un examen, et organiser pour d'autres des activités en dehors du cadre scolaire.

Comment peut-on vous soutenir, en tant qu'étudiant, mais aussi en tant que non étudiant ?
Puisque l'argent nous fait défaut, nous lançons une campagne de dons. Si l'on n'est pas étudiant, on peut donc soutenir notre action en adressant un don au GENEPI. Les étudiants peuvent nous aider en entrant dans l'association et en intervenant avec nous auprès des détenus et du grand public. Cela dit, nous ne sommes pas vraiment en sous effectif. Notre objectif n'est pas de multiplier les interventions à tout va. De toute façon, les établissements ne laissent entrer qu'un nombre limité de personnes.

Contact
GENEPI
4/14, rue Ferrus
75014 Paris
Tél. : 01 45 88 37 00
Fax : 01 45 88 96 87
http://www.genepi.asso.fr