Warning: mysql_num_rows(): supplied argument is not a valid MySQL result resource in /mnt/153/sda/7/9/oeil.electrique/php/en-tetes.php on line 170
L'Oeil électrique #28 | Photo / Sluban Klavdij, un pas de côté

> RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
+ L’oeil électrique vu de l’intérieur

> C’EST BEAU LA VIE
+ 30 millions d’amis

> PORTRAITS
+ Diego Gachassin

> SOCIÉTÉ
+ France - Algérie: A la recherche du temps perdu
+ Ce que donner veut dire
+ Enfants soldats, l’espoir de jours meilleurs à Goma

> LITTÉRATURE
+ Jean Debernard

> VOYAGE
+ Le retour de mon père
+ Oran: ma ville retrouvée

> PHOTO
+ Saudade
+ Sluban Klavdij, un pas de côté

> CINÉMA
+ Jonas Mékas, l’homme à la caméra

> MUSIQUE
+ Christophe Mora, militant hardcore

> 4 LIVRES :
+ Rachid Boudjedra : La Répudiation
+ Kateb Yacine : Nedjma
+ Mohammed Dib : La grande maison
+ Vincent Colonna, Chawki Amari, Virginie Brac, Rima Ghazil et Mohamed Kacimi : Alger, ville blanche sur fond noir

> BOUQUINERIE
+ Anaïs Nin : Une espionne dans la maison de l’amour
+ Charles Juliet : L’Autre Faim – Journal V 1989-1992
+ Nik Cohn : Anarchie au Royaume-Uni
+ Eric Monbel : Les angoisses de ma grand-mère
+ Patrick Bard : Transsibérien
+ Jean-Luc Porquet : Jacques Ellul – L’Homme qui avait (presque) tout prévu

> NOUVEAUX SONS
+ Albert Camus : L’étranger
+ Sicbay : Overreaction Time
+ Wergo 40 Years : Special Edition : Stockhausen, Cage, Ligeti, Rihm
+ Mansfield Tya :

> ACTION
+ L’oeil électrique

Par Ludovic Bruneaux.

Sluban Klavdij s'est engagé dans la photographie pour présenter un autre point de vue sur la réalité (1). Son livre Transverses fait le point sur dix ans de pratique. A droite : une photo. A gauche, une page blanche : un arrêt, une pause. L'envers de l'expiration. S'il faut parler, alors regardons.
Né à Paris en 1963, il a grandi en Slovénie, ex-partie de la Yougoslavie, dans un village, à Livold. Sluban Klavdij "développe le goût de l'escapade" et un "système de mesure des distances" à parcourir en kilomètres - non pas en heures ; trois pour aller chez sa grand-mère, dix-huit pour aller à Ribnica, comme si le monde était incompressible. En 1970, il revient à Paris dans le quartier des Batignolles. "J'ai commencé la photographie pour conserver les traces de ma vie au village après les vacances d'été". (2) Il se passionne très vite pour le travail en laboratoire. Et tout aussi vite, au lycée comme à l'université, l'appareil photographique ne le quitte plus. Un stage de tirage noir et blanc dans l'atelier de Georges Fèvre, le tireur de Picto, affine son regard. La même année, il décroche une bourse pour préparer l'agrégation d'anglais. Mais "pour éviter de recouvrir la flamme de la photographie", il utilise l'argent pour voyager.
Sa démarche photographique se développe en une série de cycles, sur un temps long, principalement autour d'une mer intérieure : les Balkans, la mer Noire, et maintenant la mer Baltique. Fin mars 2003, il bifurque par Stockholm et Helsinki, à son retour de Saint-Pétersbourg. "Cette année, on va commémorer le tricentenaire de la ville russe. Les bulles des églises orthodoxes ont été repeintes en doré, mais on n'a fait aucune attention à la voirie. Il gèle encore, et l'on manque de se rompre le dos à chaque pas. Le comportement des habitants est encore empreint de l'idéologie communiste de masse, et ils vous claquent la porte du métro au nez. Qu'est-ce qu'une personne ? Dans ces conditions, où la valeur humaine de l'individu ne semble avoir aucune importance, où des millions de personnes sont marquées par leur histoire, comme le siège de Leningrad pendant la seconde guerre mondiale et le communisme." Cette ville est le début d'un nouveau cycle de travail, qui s'étendra sur plusieurs années.


(1) Il a préféré utiliser les possibilités d'expression de ce médium, loin du discours et de la contrainte des langues, bien qu'il en connaisse plusieurs (slovène, français, italien, anglais, et a étudié le serbo-croate, le russe).
(2) Propos recueillis par Brigitte Ollier.