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L'Oeil électrique #6 | C’est arrivé près de maintenant / Smog

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C’EST ARRIVÉ PRèS DE MAINTENANT / SMOG

Par Soraya Morvan, Wilfried Jaillard.

Si Bill Callahan n'avait pas été musicien, il aurait pu être gardien de phare. Ou du moins, c'est comme cela que je me plaisais à l'imaginer : réfugié dans une petite enclave au milieu d'une mer déchaînée. Il faut avouer que depuis ses débuts en 1988, rien ne prêtait à rire chez Smog ; ça sentait même plutôt le renfermé. Je l'imaginais vivre hors du monde, bidouillant ses chansons neurasthéniques dans une pièce sobrement meublée, perdu entre ses guitares et ses vieux synthétiseurs analogiques. Un peu dans le genre Syd Barret, que Bill admire. La sortie de The Doctor came at Dawm, en 1996, ne remettait pas en cause cette vision pessimiste, même si cet album vaporeux était l'occasion d'aérer légèrement un univers en vase clos. Avec le recul, on pouvait déjà y déceler le début d'une rémission qui semble s'achever avec Knock Knock, un disque sur lequel Callahan dévoile le côté jovial de sa personnalité, à savoir l'humour pince sans rire. Joint difficilement pendant sa journée promotionnelle organisée par la maison de disques à Paris, l'oiseau confirme : " Ma musique... était... un moyen de communiquer... avec le monde extérieur,... (longue attente)... car je n 'avais personne avec qui... communiquer en face de moi... Mais ce que je fais maintenant est beaucoup plus... drôle. "
Difficile d'en savoir plus avec ce garçon, qui déteste parler de sa musique. Sa mauvaise volonté communiquante est notoire, et nous ne pouvons que la confirmer. Bill saucissonne ses phrases par paquets variant de trois à dix mots, avec une lenteur déstabilisante. " Le nouvel album parle... des petites voix que... que tu entends dans ta tête. C'est comme... quand tu dis... quelque chose... et une petite voix te dit... que tu n'aurais pas dû dire cela. " Aussi éveillé qu'une limace, certes, mais Bill semble beaucoup moins névrosé et asocial qu'il n'y paraît. Dès que vous lui parlez d'autres choses que de ses chansons, il devient presque amical ! Autrement dit, le débit devient fluide, même si le vocabulaire reste très limité. Exemple : " Tu composes tout le temps ? Non, je compose... cinq jours par semaine, pour avoir mes week-ends libres. Et qu'est-ce que tu fais de tes week-ends ? Je vais traîner dans les bars. Pourquoi tu ne composes pas dans les bars ? Tu serais toujours en week-end comme ça ! Non, j'ai autre chose à faire quand je suis dans les bars. Tu habites où ? J'ai emménagé à Chicago il y a six mois. Là-bas, il y a du monde et tous mes amis... Et ils servent de la Sierra Nevada dans les bars. " Ce n'est pas très expansif, mais dans le genre " autiste authentique ", on a vu pire. Ceci dit, l'impression de repli sur soi (qui tient de la schizophrénie, j'en suis sûr !) que dégagent les premiers disques de Smog n'est pas totalement infondée : "J'étais un adolescent... inexistant... Je faisais même tout pour... ne pas... être remarqué... Mais maintenant, ça va beaucoup mieux. "
En fait, je me demande si Bill Callahan ne se moque pas de la presse, comme beaucoup d'autres avant lui. Et comme il se moque de lui même sur Knock Knock, un disque serein, concocté avec son vieux complice Jim O'Rourke. Comment ? Vous ne connaissez pas Jim O'Rourke ?!? C'est le musicien le plus doué de sa génération, voyons ! Mais il faudrait cinq pages pour résumer sa carrière, donc... Essayez tout de même d'écouter l'album Bad Timing. Toujours est-il que Bill et Jim ont trouvé la formule d'un Smog mature, qui dénote de l'équilibre fragile des précédents albums. Bill Callahan ne marche plus sur le fil du rasoir. Mais il pratique toujours une musique de l'instant, enregistrée et mixée dans l'humeur du moment. Bill et Jim adorent improviser sobrement et posément. Ils ont désormais la trentaine, et sont devenus des adultes raisonnables. Messieurs, bravo !
Ainsi, Bill Callahan en a terminé avec sa crise d'adolescence. Il ne sera plus tenté de mettre une photo rancunière de lui et ses parents sur ses pochettes, comme il l'avait fait pour celle de Forgotten Foundation. " Non, c'est pas ça. C'est une photo de moi et du père d'une ancienne petite amie... J'avais travaillé pour lui, et il ne m'avait jamais payé... Donc j'ai mis sa photo sur la pochette... Ça a remboursé l'argent qu'il me devait. " Ah ? Pardon.

Albums disponibles :
Sewn to the Sky, Forgotten Foundation, Burning Kingdom, Julius Caesar, Wild Love, The Doctor Came at Dawn, Red Apple Falls, Knock Knock (Domino/Labels)