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L'Oeil électrique #8 | Action / Pour Voir Pas Vu

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ACTION / POUR VOIR PAS VU

Par Morvandiau.

POUR VOIR PAS VU

Août 1994. Base militaire de Fréjus. Une discussion entre Etienne Mougeotte, patron de TF1, et François Léotard, alors ministre de la défense, montrant leur franche connivence, est filmée inopinément et à leur insu.

Janvier 1995. Paris. Canal + donne carte blanche au journaliste indépendant Pierre Carles pour participer à une soirée thématique : "La télé, le pouvoir, la morale". Celui-ci réalise Pas vu à la télé, à partir du document de Fréjus qu’il a récupéré entre-temps. Sujet apparemment épineux illustré par ce document, on y voit des journalistes vedettes de la télévision très gênés aux entournures quant à leur proximité avec des responsables politiques.

Mars 1995. Paris. Canal + refuse la diffusion de Pas vu à la télé.

Novembre 1998. France. Pas vu Pas pris, version de 1h30 complétée de multiples péripéties aussi hilarantes qu’effrayantes, commence à être montré en salle dans tout le pays grâce à l’association Pour Voir Pas Vu. Rencontre avec son président, Georges Blondeaux, plus connu sous le nom de Gébé, directeur de la publication de Charlie Hebdo.

Quand et pourquoi s’est créée l’association Pour Voir Pas Vu ?

En 1997, suite au refus de Canal +, Pierre Carles présente en public Pas vu pas pris, une version enrichie de son premier film. Devant l’accueil franchement enthousiaste des gens, lui-même et nous à Charlie on se dit que c’est dommage de laisser les choses-là et qu’il faut le montrer en salle. Il faut donc le mettre sur pellicule pour avoir des copies mais ça coûte cher et comment on fait ? En mars 1998, on crée une association. On l’a fait savoir par Charlie et, très vite, l’argent a afflué, suffisamment en tous cas pour pouvoir faire ces copies et les affiches, la promotion, etc. Et racheter aussi auprès de Canal + les droits des documents originels, l’entretien d’Etienne Mougeotte avec Léotard. Donc on a reversé 140 000 francs à Canal +.

Les membres du bureau viennent de quels horizons ?

Le bureau a été renouvelé à la dernière assemblée générale. Je reste président et y’a beaucoup de gens qui ont été des premiers actifs dans l’association. De Charlie, il y a Charb et puis le vice-président est Serge Halimi. Ce qui fait que le Monde Diplomatique se trouve… euh…

Impliqué ?

(Rires) Oui c’est ça, impliqué pour mener cette aventure.

Comment définiriez-vous les limites de ce qui est actuellement montrable à la télévision ?

Ben, on ne peut rien montrer à la télé. Qui est-ce qui va prendre l’initiative de montrer quoi que ce soit à la télé ? Les gens qui montrent des choses à la télé sont des gens qui font partie de la télé. Ils sont soit dans le système de production, soit présentateurs ou alors l’autre catégorie ce sera les invités… invités dans des émissions bien précises dans lesquelles il n’est pas prévu de dire tout et n’importe quoi. Il n’y a pas de limites écrites, à vue de nez comme ça on se dit "des limites y’en a pas, hormis la pornographie, etc.". En fait, c’est très balisé. C’est à mon avis le premier choc que procure le film de Carles, c’est que c’est pas grand chose. Et ça déclenche tout de suite un système, les portes se ferment, les signaux lumineux se mettent à clignoter, on se demande si tout ne va pas exploser, c’est incroyable ! Tous ces gens veulent le mettre dehors, ne veulent plus lui répondre, sont à deux doigts de l’insulter ! (Rires) Ça donne bien la notion de ce qui peut être dit et pas dit… la censure à la télé quoi !

A ce jour, combien de spectateurs sont allés le voir en salle ?

140 000, je crois. Ce qui est plutôt pas mal pour un documentaire, surtout avec une diffusion assez étroite.

Suite à ce succès aucun gros distributeur ne vous a contacté ?

Non, ils veulent pas se fâcher. Canal + se trouve impliqué dans l’affaire, diffuser le film c’est un peu lui faire la nique. Qui est-ce qui va se risquer à ça ? Bien sûr des diffuseurs indépendants qui sont quasiment anonymes dans le système mais par exemple, MK2, c’est limite. Ça les a intéressés, et puis ça ne les a plus intéressés… parce que les années passent et Canal + a toujours de la mémoire. Celui qui a, une certaine année, diffusé un produit qui n’était pas en sympathie avec Canal + peut rester fiché. Voilà encore une limite posée par la censure.

Par contre, Pas Vu Pas Pris a finalement été récemment diffusé en clair sur Canal + mais d’une autre manière…

Il y a eu une projection sur les murs de Canal + qui se prêtent d’ailleurs à ça : c’est une belle surface blanche, un véritable écran perlé. La police est arrivée à la fin mais ça s’est bien passé, y’a même pas eu d’amende ou quoi que ce soit. Il y a un certain nombre de gens très actifs, que tout ça amuse, qui, par exemple, avaient fabriqué un chèque en bois de 4 ou 5 mètres remis officiellement à Canal +. C’était le prix de la cession.

Outre les cotisations, l’association a-t-elle d’autres ressources financières ?

Non, aucune autre ressource. Enfin, bien sûr, il y a eu des rentrées dues à l’exploitation du film mais il y avait énormément de choses à payer. Il doit nous rester un petit bénéfice.

Vous envisagez de travailler avec d’autres structures ?

On a travaillé avec d’autres associations qui nous ont permis la diffusion. On a rencontré des exploitants indépendants mais aussi des ciné-clubs qui ont invité le film.

Les objectifs de l’association ont été élargis, il ne s’agit plus seulement de montrer le film de Pierre Carles…

Oui, on a légèrement modifié les statuts. On devrait pouvoir permettre la diffusion d’oeuvres complètement confidentielles. Il y a des films, des courts métrages entre autres, qui passent dans des festivals mais qui, même primés, disparaissent.

Association Pour Voir Pas Vu : BP 114 - 30010 Nîmes cedex 4 - http://www.pvpv.org