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L'Oeil électrique #27 |

> C’EST BEAU LA VIE
+ Les voyages forment la jeunesse

> PORTRAITS
+ Kawai Kenji, musicien animé

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+ Rony Brauman : L’Ethiopie, Arendt et moi
+ Yves Winkin vole au-dessus d'un nid de chercheurs

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+ Serge Rezvani,­ artiste pluridisciplinaire ­

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+ Madagascar: de retour à antananarivo
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> CINÉMA
+ Fanta Regina Nacro, réalisatrice burkinabée

> NOUVELLE
+ Les sept jours décisifs de la vie de Maxime Padd

> TEXTO
+ Une journée comme les autres

> 4 LIVRES : 4 BANDES DESSINÉES AUTOBIOGRAPHIQUES
+ Olivier Josso : Douce confusion
+ Nakazawa Keiji : Hadashi no Gen
+ Joe Matt : Peep show
+ David Libens : De l’Autre Côté : Recto-Verso #1

> BOUQUINERIE
+ Ikeda Riyoko : La Rose de Versailles
+ François Maspero : Les abeilles et la guêpe
+ Taniguchi Jirô/Sekikawa Natsuo : Quartier lointain, tome 1/ Au temps de Botchan, tome 1
+ Soazig Aaron : Le Non de Klara
+ Martin Winckler : Les Miroirs de la vie – Histoire des séries américaines
+ Frédéric Pajak : Première partie

> NOUVEAUX SONS
+ André Minvielle & Serge Pey : Nous sommes cernés par les cibles
+ Calla : Televise
+ Ernst Reijseger & Franco d’Andrea : I Love You So Much it Hurts
+ Moller Plesset : Rather Drunk than Quantum
+ Spaceways Inc. : Version Soul

> ACTION
+ Lézards politiques

4livres

Olivier Josso : Douce confusion
2002, Ego comme x

Dans l'engouement actuel dont bénéficie aujourd'hui la bande dessinée autobiographique, auprès de lecteurs friands de côtoyer les épisodes de vie de leurs contemporains à travers le prisme de vignettes et de bulles, l'excellent côtoie allègrement le très mauvais. Des auteurs portés par le filon du "quotidien regardé" sont persuadés que leur aventure intérieure et personnelle fascinera automatiquement le public. Force est de constater que ce genre n'échappe pas aux impostures. Car la bande dessinée autobiographique est un art, et l'art nécessite talent et invention. Inscrites dans un environnement social riche et complexe, les bandes dessinées d'Olivier Josso font elles, partie du haut du panier, sans nombrilisme ni autosatisfaction.
Ce jeune dessinateur travaillant loin du bitume des villes si cher à bon nombre de ses contemporains, fait partie des rares qui refusent obstinément et avec efficacité de verser dans une auto-fiction graphique du "moi je". Les introspections intimes qu'il dépose d'une plume au noir sensible racontent et questionnent l'existentiel, ces sentiments étranges et si peu contrôlables que la vie inspire, ces relations à l'autre et à soi, cette "douce confusion" qu'est l'existence lorsque le doute et la recherche sont primordiaux.
Ce regard porté sur sa propre vie, Olivier Josso l'assume avec cohérence. Il l'exprime dans un dessin aux coups de plume raffinés et au graphisme intense, témoin de l'attention portée à son travail comme aux éléments extérieurs qu'il observe avec perspicacité et justesse, dans un rapport souvent nostalgique et quasi charnel. Se raconter est pour Olivier Josso le moyen de se confronter aux souvenirs incertains, aux projets à peine ébauchés, aux angoisses quotidiennes d'une vie qui, figée sur le papier, prend alors toute son ampleur, dévoilant une palette visuelle riche et subtile.
Et même lorsque dans certaines des planches de cet album, - regroupant un ensemble de travaux dont certains furent déjà publiés dans les revues Jambon Blindé, Lapin ou Ego comme X - le quotidien matériel s'immisce de manière plus insistante, les événements ne manquent pas de prendre rapidement une tournure étrange et onirique. Car les récits d'Olivier Josso ont la force poignante des contes. A travers les parcours de différents personnages, elles questionnent autant le moment présent que cet immense terrain d'exploration qu'est l'existence.

(1) Parallèlement à son travail d'auteur de bande dessinée, Olivier Josso a précédemment participé à la rédaction de l'œil électrique, notamment en réalisant, avec Laure Del Pino, une interview de Jean-Christophe Menu dans un précédent numéro (#21).

William Punk.