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L'Oeil électrique #15 |

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Bouquinerie

Lise Sarfati : Acta Est
Phaidon, 60 pages, 249 francs

Acta Est (de l'expression latine Acta est fabula, "la pièce est jouée") : ce titre montre avec quelle intention théâtrale Lise Sarfati met en scène cette Russie pourtant réelle, coincée entre post-communisme et pré-capitalisme. Comme peintes sur une toile, ses photographies couleur semblent abstraites au premier regard, puis s'avèrent représenter des paysages industriels abandonnés où le temps a laissé sa trace. Si sa démarche est informative sur la dégradation économique, elle propose également des cadres propices à l'imagination - là où la vie avait créé des couleurs, il reste maintenant de monstrueuses, délicates, belles et tristes formes. Un monde déstabilisant qui enregistre pour toujours un bout d'histoire de la Russie, à travers le regard singulier d'une photographe dans son univers propre.
C'est seulement près de la fin du livre qu'on commence à voir des personnages. Des personnages qui disparaissent et réapparaissent, comme perdus dans un labyrinthe de désolation. Sarfati garde toujours une distance avec ses sujets, qui restent terriblement seuls. Cet endroit, c'est un camp de "rééducation" où se trouvent travestis adolescents, fugueurs et délinquants. L'intention est peut-être théâtrale, mais ces garçons sont des gens bien réels avec de vrais histoires : par exemple ces trois frères qui ont tué un homme ressemblant à leur père qui abusait d'eux… on peut imaginer la difficulté du travail, d'autant plus qu'en entrant dans la colonie on lui proposa gentiment de photographier des scènes de sodomie...
S'il s'agit là d'un premier livre, on sent bien que Sarfati connaît bien la Russie et qu'elle est loin d'être une débutante ! Son attention particulière à la composition, aux tons et à la lumière est étonnante.
Ce livre est bien construit, l'avant-propos est intéressant, et même essentiel pour l'accès à ce style quelque peu abstrait. Le livre-objet quant à lui met le travail de Sarfati en valeur : joliment relié comme Phaidon sait si bien le faire, avec une belle maquette épurée, et des couleurs sobres et complémentaires.

M'zongogo Chafifia.