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René Passet : Eloge du mondialisme par un "anti" présumé Parce qu'il était temps de mettre les points sur les "i", l'économiste René Passet (voir l'entretien paru dans L'œil électrique # 14) s'est fendu d'un opuscule clair et bref sur la définition du terme "mondialisation". Les deux conceptions qui s'opposent sont résumées parfaitement par le titre des chapitres : "La mondialisation prédatrice, ou le monde offert à la rapacité de la finance" et "Le mondialisme, ou la mondialisation au service de la communauté humaine". En voulant plaquer sa logique, sa prétendue "rationalité", sur les comportements sociaux, la mondialisation prédatrice ne fait qu'asservir l'homme à un fonctionnement supposé harmonieux. Pourtant, elle n'hésite pas à cultiver les paradoxes quand cela lui est nécessaire. Du genre, "ouvrez vos frontières à nos productions mais gardez les vôtres !" Démontant les mécanismes de la doctrine néo-libérale, le livre s'efforce de définir le cadre d'une pensée débarrassée de toute rigidité. Appelant au courage des citoyens et des politiques, le mondialisme idéal serait celui qui tient compte des aspirations naturelles des êtres humains à une vie décente. La refonte complète des institutions internationales dans une organisation mondiale du développement social et la proclamation d'engagements élevés sur la protection sociale et environnementale sont deux des principes majeurs de ceux que l'on appelle abusivement, et par raccourci de langage, "les anti-mondialistes". Ils réclament, en outre, un vaste programme d'aide aux pays du Sud, de type plan Marshall, associé à la suppression totale de leur dette. D'autant qu'avec le cumul des intérêts, cette dernière a déjà été remboursée quatre fois ! A la fois sobre et généreux, Eloge du mondialisme est aussi un outil critique important pour ceux, qui, impressionnés par le discours des sciences économiques, ne savent jamais comment aborder le problème. |