Warning: mysql_num_rows(): supplied argument is not a valid MySQL result resource in /mnt/153/sda/7/9/oeil.electrique/php/en-tetes.php on line 170
L'Oeil électrique #25 |

> C’EST BEAU LA VIE
+ Gros dégoûtants !

> PORTRAITS
+ Thierry Magnier : l’école buissonière
+ Alain et Philippe Jalladeau

> SOCIÉTÉ
+ Devant le miroir : la télévision en prison
+ Pierre Carles : Saboteur cathodique
+ Télévision citoyenne : état des lieux
+ John Paul Lepers

> BANDE DESSINÉE
+ Robert Crumb

> LITTÉRATURE
+ Annie Ernaux : Transfuge social

> VOYAGE
+ Voyage au bout de la douane

> PHOTO
+ Bernard Plossu : le regard amoureux

> MUSIQUE
+ Fanfares : Soul Flower Mononoke Summit
+ Fanfares : L’Occidentale de fanfare
+ Fanfares : Mardi Gras Brass Band

> 4 LIVRES : JEUNESSE
+ Barbara M. Joosse, Giselle Potter : Les Ailes du souvenir
+ Shel Silverstein : L’Arbre généreux
+ Katy Couprie et Antonin Louchard : A table !
+ Raymond Macherot : Chlorophylle à Coquefredouille

> BOUQUINERIE
+ Val Williams : Martin Parr
+ Pierre Maurel : Piñata
+ Dominique Auzel : Georges Rouquier : De Farrebique à Biquefarre
+ Hervé Guibert : Le Mausolée des amants – Journal 1976-1991
+ Bernard Friot : Folle
+ Laura Cottingham : Cherchez Claude Cahun

> NOUVEAUX SONS
+ Naked City : Live, volume 1: Knitting Factory 1989
+ Oxbow : An Evil Heat
+ Mahmoud Fadl : The Drummers of the Nile Go South
+ Solbakken : Zure Botoa
+ DAT Politics : Plug Plus
+ Deerhoof : Reveille

> REVUES
+ La Maison qui pue

> ACTION
+ Le Collectif anti-expulsions

4livres

Barbara M. Joosse, Giselle Potter : Les Ailes du souvenir
2002, Albin Michel jeunesse
Traduit de l’américain par Michelle Nikly.

La narratrice, une petite Mexicaine, évoque sa grand-mère : sa complicité avec elle, seule capable de chasser de la chambre les monstres nocturnes, alors que les parents considèrent cette peur comme des enfantillages. C'est la vieille dame, aussi, qui lui fait connaître un lieu appelé "le cercle magique", où se réunissent les papillons monarques, ces insectes fragiles et migrateurs qui, selon la tradition mexicaine, transportent les âmes de ceux qui sont morts. Un jour, Grand-mère meurt, et la petite-fille se retrouve seule avec ses monstres nocturnes. Surtout, elle veut se souvenir de celle qui est partie, elle s'inquiète : si l'image de son aïeule venait à s'effacer ? Quand viennent les Jours des Morts, l'enfant et ses parents vont, chacun à leur tour, évoquer la défunte à travers les souvenirs simples du quotidien.
Cette histoire réaliste, teintée de poésie populaire - le mythe des papillons monarques - se lit avec un peu de mélancolie mais sans tristesse. Le texte, dépouillé, dénué de pathos ou de niaiserie, aborde le thème de la mort d'un proche et le questionnement sur le souvenir avec limpidité. Comment se remémorer la personne qui nous était chère ? Par l'évocation des gestes familiers et la réminiscence de parfums et d'odeurs, répondent les auteurs. L'intérêt de l'album est aussi d'ouvrir l'esprit du jeune lecteur en lui faisant découvrir d'autres cultes, à travers notamment la description, colorée, culinaire, de ces Jours des Morts (le livre se clôt d'ailleurs sur deux pages concernant cette coutume ainsi que la croyance en les papillons monarques : un peu d'ethnologie à portée de l'enfant, efficace et intéressant !). Il raconte enfin ce lien privilégié, physique, qui peut se tisser entre un grand-parent et un enfant. On pense, en regardant, à la petite Marjane Satrapi et sa grand-mère de Persépolis
Les couleurs ocres et chaudes, le dessin simple, avec ses personnages aux gros visages lisses, le texte, sans afféterie, font de cet album un moment de sagesse tendre, qui nous convie peut-être à nous dire, à notre tour : "Je me souviens…"