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L'Oeil électrique #25 |

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Bouquinerie

Dominique Auzel : Georges Rouquier : De Farrebique à Biquefarre
Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, 302 pages, 12 euros

Aujourd'hui, le nom de Georges Rouquier n'évoque sans doute plus grand chose, en dehors des cercles cinéphiliques. Ce cinéaste tient pourtant une place singulière dans le cinéma français d'après-guerre. Son principal titre de gloire est d'avoir réalisé en 1946 Farrebique, une chronique du monde paysan articulée autour des quatre saisons. Si le film marqua les esprits à sa sortie, c'est parce qu'il mêlait de façon habile la dimension documentaire du projet (Rouquier filmait sa famille dans ses tâches quotidiennes) et la fiction (le film racontait une histoire inventée de toutes pièces). Le reste de la carrière de Rouquier fut en grande partie consacré au court métrage. Le point qui relie tous ses films est ce qui faisait déjà la spécificité de Farrebique : Rouquier opère une fusion entre la fiction et le documentaire, créant une forme nouvelle qui invalide l'habituelle dichotomie entre ces deux termes. Un tel parti pris était sans doute trop iconoclaste pour rencontrer l'adhésion ; en dehors de Farrebique, la carrière de Georges Rouquier resta donc assez confidentielle. Pourtant la vision de ses films témoigne de l'importance de ses travaux. En 1983, alors que près de 40 ans se sont écoulés, Rouquier revient à Farrebique, la ferme qui donnait son nom au film de 1946, et tourne Biquefarre, dans lequel il retrouve ses "acteurs" de l'époque. Ceux-ci ont vieilli, eu des enfants ; le monde paysan a vécu et est devenu monde agricole. Rouquier filme ces bouleversements et Farrebique / Biquefarre, devenu diptyque, acquiert une nouvelle dimension : une réflexion sur le temps et l'une des rares occasions données par le cinéma de filmer des hommes sur la longueur de leur vie. Très peu d'ouvrages ont été consacrés à Rouquier, c'est dire l'importance de ce petit livre, qui s'ouvre en outre sur une passionnante autobiographie du cinéaste.