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L'Oeil électrique #25 |

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Nouveaux sons

Oxbow : An Evil Heat
Neurot recordings, United Musics Company

Dans la chaleur de l'enfer. Pochette incandescente. Oxbow annonce la couleur et ferait boire la tasse à n'importe quel surfeur peroxydé dont le groupe n'est en rien l'étendard. Bien qu'originaire de San Francisco (la Californie et tous les clichés "easy life" qui vont avec…), Oxbow pratique un rock sombre et torturé. Son cinquième album, sur le label de Neurosis, est une incantation lugubre, une pratique vaudou tout en électricité. Une longue plainte issue des cendres de Birthday Party, mariée pour le pire et surtout le meilleur aux sonorités de la scène noise américaine. La musique d'Oxbow s'écoute comme un road-movie. Narrative, elle obéit à des structures dont la complexité peut désarçonner de prime abord. Mais une fois rentré dans le scénario, c'est la machine infernale : impossible de lâcher le morceau avant la fin. Des introductions mystérieuses, l'énigme s'installe, la rythmique marque un mid-tempo à la tension constante, la bride se lâche, bien aidée par la guitare de Nico Wenner (porte-flingue également de Swell), électron libre et bavard. Des courses-poursuites, des morts comme dans tout bon roman noir, du sang, de la noirceur, celle qui donne à Oxbow de la profondeur à sa fureur. Et du sexe. Celui d'Eugene Robinson, leader black charismatique, pilier de rugby à ses heures perdues, acteur le reste du temps et adepte de "spoken word" (sorte de concert où le seul instrument est la voix, dont l'intervenant se sert pour haranguer la foule et lui asséner ses quatre vérités) avec Lydia Lunch ou Henry Rollins. Cris, chuchotements, prière païenne, des paroles à ne pas mettre entre toutes les oreilles, Eugène est l'âme du groupe, la bête de scène, et irradie vers lui tous les maux de la terre. An Evil Heat, malgré son dernier morceau qui n'en finit pas, est une œuvre pleine, réussie et ambitieuse, qui prend des risques comme rarement le rock ose le faire. Un pêché capital et autorisé.

(A noter la réédition du troisième album d'Oxbow, Let me be a Woman, un classique, sur le label parisien RuminanCe Records).

SKX.