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L'Oeil électrique #4 |

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Bouquinerie

Mattoti/Piersanti : Stigmates
Le Seuil

De cette collaboration italienne Mattotti-Piersanti est né un livre plein de mysticisme et de poésie. Le dessin, chaotique et noir, (selon Mattotti, fait à coups de griffes, d'épines), parfois obscur et toujours avec une certaine violence, raconte l'histoire d'un homme : " quarante et un ans, gros buveur, pas d'emploi fixe ", qui souffre de blessures aux mains qui se ferment et se rouvrent. Mais ces blessures, que peuvent-elles donc représenter ? Ces stigmates qui ont montré la sainteté du Christ, peuvent-ils également indiquer la sainteté de cet ivrogne malheureux, sans nom ?
Pris pour un saint par ses voisins et pour un fou suicidaire par les médecins, l'homme s'enfuit, loin de sa ville, peut-être pour échapper au saignement de ses mains, peut-être à son passé. Peut-être les deux à la fois. Il marche, il voyage, jusqu'à ce qu'il trouve Lorena et l'amour qu'elle lui donne... Mais pour un homme tel que lui, combien de temps ce bonheur peut-il durer ?
Mattotti n'avait pas publié depuis 1992, et c'est le premier scénario de bande dessinée de Piersanti. Ce livre est le fruit du hasard (les deux artistes vivaient dans la même ville, appréciaient le travail de l'autre mais ne s'étaient jamais rencontrés - Jusqu'à Stigmates). Le texte et le dessin semblent pourtant parfaitement liés, comme s'ils étaient tous deux l'œuvre d'une même personne.
Si Piersanti débute en bande dessinée, la poésie et la maîtrise de la création de ce personnage sont évidentes. Et le dessin de Mattotti contribue lui aussi à l'élaboration des mêmes ambiances. Il faut bien regarder dans la masse d'encre, grattée sur la page, presque avec rage, pour discerner toutes les formes. Et ces formes noires, denses, et brouillées, semblent être la réflexion parfaite du parcours de cet homme.

Une version courte de Stigmates est parue dans un des collectifs thématiques des éditions Autrement, Le retour de Dieu, en 1994.