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L'Oeil électrique #6 |

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Gaulle Anthonioz : La Traversée de la nuit de Geneviève
Seuil

Peut-être vous êtes-vous déjà réjoui, l'œil sur la télé ou l'oreille au transistor, des positions fortes, mêlant courtoisie et franc-parler anti-mollassonnerie, prises par Geneviève de Gaulle Anthonioz. Et pour cause : on la connaît surtout par le biais de l'action militante qu'elle mène avec le mouvement ATD Quart Monde. Quand on lit La traversée de la nuit avec cette image en tête, la leçon d'humilité n'en est que plus poignante. Geneviève de Gaulle Anthonioz y raconte la vie dans le camp de Ravensbrück où elle fut déportée, car résistante. Travaillant dans les différents ateliers du camp, battue, mise au secret, dans l'angoisse et l'ignorance du sort que les SS lui réservent, elle se raccroche à ses souvenirs et, catholique, à sa foi. Au travers de la solitude et de l'absurde réalité de la situation, les cadeaux de Noël qu'on parvient à lui transmettre ou les courses de cafards qu'elle organise dans sa cellule lui permettent de s'agripper à la vie.
En préambule, on peut lire cette citation de Julien Gracq : " Tout recommence, tout est vrai. "
Phrase évocatrice s'il en est mais qu'on peut comprendre de différentes manières.
Première hypothèse (la plus évidente ?) : face à la tragédie des camps de la mort et du génocide, on sait maintenant malheureusement l'efficacité limitée de la mémoire.
Et puis, s'il est écrit cinquante ans après, le récit est au présent. Les survivants de cette période se souviennent et parfois témoignent. Pour eux, la vérité évoquée reste inscrite de manière indélébile dans l'esprit et la chair : deuxième signification potentielle.
Enfin, bien qu'elle n'y évoque nullement son action militante actuelle et les liens qui l'unissent probablement avec cette partie de sa vie, peut-être Geneviève de Gaulle Anthonioz veut-elle pointer du doigt l'urgence permanente à dépasser un simple espoir béat pour le transformer de façon constructive ?
Dans les trois hypothèses, Geneviève de Gaulle Anthonioz livre un témoignage sombre, touchant mais loin d'être désespérant. Impressionnant d'humanité.