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L'Oeil électrique #7 |

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Bouquinerie

Frédéric Poincelet : Une relecture
Ego Comme X

Pas peu fier de réaliser un travail frappant au premier regard et non moins riche au second, Frédéric Poincelet s'associe à des éditeurs ayant le sens du beau livre. Ici, il s'agit de relire son année 1998. On retrouve son jeu d'images et de textes imbriqués avec comme première phrase, cette dédicace: " A la vie, cette esthétisante et sensuelle caricature " qui donne le ton de l'ouvrage, tout autant sûr de lui que conscient d'être dérisoire. Frédéric Poincelet s'est approprié un vocabulaire pour construire un univers qu'on ne peut attribuer à personne d'autre. Outre le graphisme à la fois nerveux et méticuleux, il se nourrit des codes de l'iconographie religieuse (sueur au front des crucifixions, petite flamme spirituelle, phylactères où il dispose ses textes) pour aborder les thèmes qui l'obsèdent : le sacrifice, la douleur, l'amour et les apparences. Sur les pages de droite, manuscrites, on parcourt les réflexions qui jalonnent ses journées et qui, sur les pages de gauche, s'immiscent parfois dans les dessins. Ainsi, au quotidien, Frédéric Poincelet dessine ses proches et ses amis, on croise quelques compagnons des publications épineuses auxquelles il contribue (Paquito Bolino du Dernier Cri ou Stéphane Blanquet de Chacal puant) et toujours un chat ou un clébard qui traîne.
Au travers d'un narcissisme revendiqué, qui dépasse finalement sa simple personne, il expose la perception d'un monde qu'il subit, vit, rêve et entretient. Une autobiographie fiévreuse, écrite en plein délire. Le texte énigmatique et envoûtant, faisant face à des visages qui souvent nous regardent, amène à lire ce livre par bribes. Comme un recueil de poèmes, on peut piocher de ci delà puis suivre la chronologie… Peu importe, le charme opère. Dans la deuxième partie, l'introspection solitaire s'ouvre au dialogue avec un récit entrecroisé d'Evelyne Durandal, qui semble remettre l'ego à sa place : " Tu parles beaucoup d'orgueil. Ne crois-tu pas que tu en rajoutes ? Je te crois orgueilleux à force de modestie. ". On en vient pourtant à douter de l'existence de cette interlocutrice : Durandal ? Invention fantasmatique et clin d'œil poincelesque à la chanson de Roland dont l'épée porte le même nom ? Si c'est une erreur, on voudrait quand même y croire. Car, comme Roland, chevalier d'Arthur et héros d'un poème, tour à tour amoureux et furieux, Frédéric Poincelet est un obstiné, de ceux qui voudraient maîtriser leurs ratures.