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L'Oeil électrique #23 | Action / Mix-cité

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Par Muriel Bernardin.

Dans les années 70, de nombreuses femmes brûlaient leur soutien-gorge en public. Aujourd'hui, les Françaises dépensent en moyenne 100 euros par an en sous-vêtements (135 pour les 15-24 ans). Et le combat féministe là-dedans ? Où en est-il ? David Zerbib, un des cinq porte-parole de Mix-cité nous répond.

Pourquoi est née l'association Mix-cité ?
L'idée de fonder une nouvelle association féministe est née en 1997 à la suite des Assises nationales pour les droits des femmes, une grande réunion féministe qui avait rassemblé des milliers de personnes. Nous avons constaté qu'il y avait très peu de jeunes et encore moins d'hommes à ces assises. Il y avait donc un problème de relève de génération et un défaut de mixité.

Pourquoi cette revendication de mixité ?
Parce qu'il est apparu évident, après la vague féministe des années 70, que la mixité dans le féminisme était un moyen d'aller plus avant dans la lutte pour l'égalité des sexes. Les temps étaient mûrs (avancées sur le terrain des droits et évolution des mentalités, surtout chez les jeunes générations) pour revendiquer l'implication des hommes dans ce combat. Parce que changer la place des femmes dans la société touche nécessairement la place des hommes : c'est aux hommes qu'il revient de ne plus reproduire mécaniquement les modèles sexistes dont pâtissent les femmes dans la vie privée et publique, les hommes subissant d'ailleurs eux-mêmes un sexisme qui les confine dans des modèles de virilité étriqués.
La mixité est ainsi un moyen de montrer ce que le féminisme a toujours été : un combat politique pour des valeurs universelles d'égalité et de justice sociale - au même titre que l'anti-racisme par exemple - et non une revendication catégorielle ; une volonté de fonder une société sur autre chose que la domination et l'exploitation, et non la "guerre des sexes".

Y a-t-il vraiment beaucoup d'hommes dans votre association ?
On est à peu près un tiers. Ce n'est pas encore la parité !

Quelles sont vos revendications actuelles ?
Nos revendications sont nombreuses, elles portent entre autres sur l'accueil de la petite enfance, sur les congés parentaux ; nous luttons contre l'Allocation Parentale d'Education qui constitue une incitation au retour au foyer pour les femmes. Nous travaillons pour l'égalité des salaires, l'écart en France étant de 27 % entre les hommes et les femmes. A l'intérieur du foyer, nous voulons que la question du travail domestique qui est aujourd'hui effectué à 80 % en moyenne par les femmes devienne une question politique, car cette inégalité dans le partage des tâches renforce la pratique du travail à temps partiel, ce qui implique moins d'autonomie financière pour de nombreuses femmes. Enfin, après un long débat, nous sommes parvenus à la revendication suivante : l'extension du délai de l'IVG à vingt-deux semaines comme aux Pays-Bas et en Espagne.

Comment pensez-vous lutter contre des modèles intériorisés par de grands pans de la population depuis des générations ? Comment une association peut-elle envisager de faire changer ce qui pour beaucoup relève de la sphère privée et de ce fait, dépend des choix de chacun ?
Un des grands slogans des années 70 était que le privé est politique. Par exemple, Christine Delphy avait repris les concepts marxistes de l'exploitation pour les appliquer à la sphère privée et au travail domestique. On peut avoir des revendications politiques sur la façon dont s'organisent les relations dans la famille, au sein du couple, entre individus. On observe qu'une grosse partie des freins à l'évolution vers l'égalité des sexes est due aux retards des mentalités. Les années 70 ont été une période d'avancées sur le terrain des droits mais il reste du chemin à faire dans les faits. C'est en travaillant aussi sur les représentations, sur les mentalités qu'on va avancer. Du coup, on est amené à agir sur des choses qui peuvent paraître parfois secondaires : l'image de la femme dans la publicité, les médias, les représentations en général et toutes les dimensions symboliques. Par exemple, à Noël, nous avons mené une action contre les jouets sexistes qui construisent une image de bonne mère pour les filles et de bon petit soldat pour les garçons. Nous avons réalisé un faux catalogue de jouets anti-sexistes.

Quels sont vos autres modes d'actions ?
Ils sont très variés : des manifestations, des pétitions, des cafés-débats ainsi que des formations en interne sur les questions féministes (exposés, invitations de chercheuses ou chercheurs, d'auteur-e-s pour la présentation de leurs réflexions) qui nous permettent de réfléchir à nos revendications, à l'identité de Mix-cité.

Ne peut-on pas vous reprocher de dépenser votre énergie sur des questions secondaires alors que dans d'autres pays, non-démocratiques, les femmes ont un statut d'éternelle mineure ?
Il n'y a pas de questions secondaires mais des questions solidaires parce qu'elles fonctionnent ensemble. Les avancées qu'on obtient ici tirent vers l'avant des situations plus en retrait sur le terrain de l'égalité. Tout cela fait système. Mais on se bagarre aussi sur la situation des femmes à l'étranger. Se battre contre la violence faite aux femmes ici (il y a de petits talibans domestiques), c'est refuser les injustices faites ailleurs. Si on accepte ce qui se passe ici, que fera-t-on là-bas ?

Quelle opinion avez-vous des associations "historiques" comme le MLF, le mouvement Choisir la cause des femmes de Gisèle Halimi et une association plus récente comme Les chiennes de garde ?
On s'inscrit dans la filiation des mouvements des années 70 et on vit une nouvelle expérience du mouvement féministe, qui apparaît indispensable, celle de la mixité. Nous revendiquons d'une manière plus générale que les Chiennes de garde, qui travaillent sur les insultes publiques faites aux femmes. Leur action participe d'une nouvelle façon de faire valoir les revendications féministes. C'est plutôt bien parce qu'elles ont un certain accès aux médias qui permet de toucher une grosse partie de la population pour qui le mot féminisme était devenu une espèce de vieillerie, discréditée. Le danger est celui de leur instrumentalisation par les médias et de la gadgetisation de leur mobilisation mais c'est un risque qui en vaut la peine, sans doute.

Comment peut-on soutenir votre action ?
En adhérant, en venant aux réunions, en répondant aux appels, aux protestations, en s'inscrivant sur le site.

Contact :
Mix-cité
224 boulevard Voltaire - 75011 Paris
06 17 12 52 61
http://www.mix-cite.org