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L'Oeil électrique #32 | Cinéma / Tsai Ming-liang : La dernière séance

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Le cinéma de Tsai Ming-liang ne se donne pas facilement. Sa mise en scène, que l’on pourrait volontiers qualifier de janséniste, exige du spectateur curiosité et abnégation. Les parti pris sont radicaux et entraînent de fait l’écrémage d’un public que l’austérité désespérante de ces films peut rebuter. Tsai Ming-liang le sait et s’en accommode. Peu importent les difficultés, il creuse inlassablement le même sillon. Né en Malaisie, il arrive à Taiwan en 1977 à l’âge de 20 ans. Après des études d’art dramatique, il se consacre au théâtre avant de poursuivre l’expérience de l’écriture à la télévision. En préparant le tournage d’un téléfilm (The Kid, 1991), il rencontre le jeune Lee Kang-sheng dans une salle de jeux vidéo. Celui-ci lui inspire son premier long métrage, Les Rebelles du dieu néon : Lee y incarne Xiao-kang – personnage récurrent de toute une œuvre. La reconnaissance critique est immédiate et n’est pas démentie par les films suivants, Vive l’amour et La Rivière, qui sont primés aux festivals de Venise et Berlin.

La cinéphilie de Tsai Ming-liang nourrit son cinéma. Ainsi The Hole se présente comme un hommage singulier à Ge Lan (Grace Chang), icône des comédies musicales hongkongaises des années 60. Et là-bas, quelle heure est-il ? adresse un clin d’œil à François Truffaut, à travers la personne de Jean-Pierre Léaud dont l’apparition furtive rappelle que Tsai a trouvé en Xiao-kang son Antoine Doinel. Dans son nouveau film, Good-bye, Dragon Inn, le fétichisme cinéphilique va plus loin : la salle de cinéma devient le véritable sujet du film. On assiste à la fin d’un vieux cinéma de quartier voué à la destruction. L’ultime projection illumine l’écran d’un somptueux classique du wu xia pian, Dragon Inn (L’Auberge du dragon) de King Hu. L’occasion de rendre un hommage subtil à l’inventeur du film de sabre moderne… tout en retombant sur ses pieds, à travers la figure de Miao Tien, acteur fétiche de Hu avant de devenir celui de Tsai (et auquel Tsai fait camper le rôle d’un spectateur regardant un film dans lequel il a tourné 40 ans auparavant !).

Rencontré lors du dernier festival des Trois continents, Tsai Ming-liang nous est apparu à la fois alarmiste et serein. Goodbye, Dragon Inn lui a permis de développer un discours sur l’état du cinéma, la cinéphilie et les modalités de résistance. Parallèlement à cela, il annonce son désir d’arrêter le cinéma alors que son nouveau film est en préparation…